
À Sim’hat Torah, une amie m’a raconté une histoire qui m’a profondément bouleversée.
Vacances: maison avec piscine
Sa belle-famille était partie en vacances dans une maison avec piscine. Au milieu de ces journées que l’on imagine joyeuses et insouciantes, un drame s’est produit : un petit garçon de deux ans est tombé dans l’eau sans que personne ne s’en aperçoive immédiatement.
Lorsqu’ils l’ont retrouvé, l’enfant était inanimé. Il ne respirait plus, son cœur ne battait plus et il ne présentait plus aucun signe de vie.
Dans ces instants-là, le temps s’arrête.
La peur envahit tout. L’esprit n’arrive plus à réfléchir. On regarde l’impensable se produire sous ses yeux, avec cette terrible sensation qu’il est peut-être déjà trop tard.
Mais la grand-mère, qui avait des connaissances médicales, a commencé les gestes de réanimation. Elle a poursuivi les compressions, encore et encore, avec toute la force et toute l’énergie qu’elle possédait.
Autour d’elle, la scène était insoutenable.
Certains lui demandaient d’arrêter. Voir ce si petit corps subir des gestes aussi énergiques était extrêmement difficile. L’enfant ne réagissait pas. Les secondes passaient, puis les minutes, sans aucun signe encourageant.
Mais elle refusa d’abandonner et continua encore et encore.
Pendant près de huit longues minutes, dans l’attente des secours, elle a continué à se battre pour cet enfant qui, lui, ne pouvait plus se battre pour lui-même.
Elle aurait pu se dire :
« C’est fini. »
« Il est trop tard. »
« Cela ne sert plus à rien. »
Mais elle n’a pas lâché.
Et finalement, l’eau a commencé à sortir. Une réaction est apparue. Puis un souffle.
L’enfant est revenu à la vie.
Grâce à D.ieu, il a été sauvé.
Le bita’hon ne consiste pas à rester immobile
Le simple fait d’y croire de toutes ses forces peut changer la réalité et faire des miracles.
Comme le dit Rabbi Nahman de Breslev :
« Prenez garde à vos pensées, car elles peuvent créer des choses réelles. »
Cette mamie a cru que c’était possible. Même si elle ne sentait plus battre son cœur et qu’il ne respirait plus, elle n’a pas abandonné. Elle n’a rien lâché , huit longues minutes sans le moindre signe de vie! Et D.ieu l’en a récompensée.
Avoir la foi et se résigner
Cette histoire m’a particulièrement touchée parce que je suis moi-même assez défaitiste de nature.
J’ai tellement peur d’être déçue que, si je ne vois pas rapidement de résultat positif, je préfère me faire à l’idée que cela ne fonctionnera pas.
Mais cette femme m’a enseigné quelque chose d’immense :
Ce n’est pas parce que nous ne voyons encore aucun résultat que rien n’est en train de se passer. Il faut croire encore et encore. D.ieu est là et Il peut tout. Si nous y croyons, TOUT peut arriver.
Le véritable bita’hon, c’est savoir que, tant qu’Hachem nous laisse une possibilité d’action, nous ne devons pas décider à Sa place que tout est terminé.
Nous prions, mais nous agissons aussi!
Nous croyons au miracle, et nous le prouvons justement en faisant tout ce qui dépend de nous.
Nous refusons de laisser la peur prononcer le dernier mot avant Hachem.
Le lien avec le miracle de l’avion Fly Dubai
Cette histoire m’a immédiatement rappelé le témoignage des passagers de cet avion qui a failli s’écraser.
Dans une situation aussi terrifiante, ils auraient pu penser :
« Nous allons mourir. Récitons le Chéma Israël et attendons la fin. »
Bien sûr, ils ont prié. Mais ils ne se sont pas contentés d’attendre.
Ils se sont levés. Ils ont cherché des solutions. Ils ont tenté d’atteindre le cockpit, ont frappé contre la porte et ont essayé de la forcer. Dans la panique la plus totale, sans même savoir piloter , ils ont continué à réfléchir et à agir pour empêcher l’avion de tomber.
Leur Émouna ne les a pas paralysés.
Elle leur a donné la force de se battre.
Et D.ieu a récompensé leur pensée positive, puisée dans la Émouna, dans la certitude que D.ieu est bon et qu’Il peut tout transformer.
Car la foi n’est pas une résignation. La foi nous rappelle que la réalité visible n’est pas toute la réalité. Elle nous empêche de considérer une situation comme définitivement perdue, alors qu’Hachem peut encore tout renverser en un instant.
Ne pas confondre lucidité et défaitisme
Nous disons parfois que nous sommes simplement « réalistes ».
Nous regardons une situation difficile, une porte fermée, un projet qui ne décolle pas, une prière qui semble ne pas être entendue, les chidoukhim ratés, les dettes qui s’accumulent et nous concluons :
« Cela ne marchera jamais. »
Mais sommes-nous réellement lucides ou sommes-nous déjà en train d’abandonner ?
Nous ne connaissons jamais toute l’histoire.
Nous voyons seulement l’instant présent : l’enfant ne respire pas encore, l’avion continue de descendre, la porte ne s’ouvre pas, le projet ne donne aucun résultat.
Hachem, Lui, voit ce qui peut arriver à la minute suivante.
Peut-être que notre épreuve n’a rien d’aussi spectaculaire.
Peut-être qu’il s’agit d’un projet que nous sommes sur le point d’abandonner, d’une relation que nous ne savons plus comment réparer, d’une centième rencontre qui n’aboutit pas au mariage, d’une prière que nous n’avons plus la force de prononcer ou d’un combat personnel dans lequel nous retombons toujours.
Peut-être avons-nous essayé une fois, deux fois, dix fois, sans observer le moindre changement.
Cette histoire vient alors nous murmurer :
Continue encore un peu.
Fais encore un effort.
Cherche une autre solution.
Demande de l’aide.
Prononce encore une prière.
Tant qu’il reste quelque chose à faire, ne laisse pas ton découragement décider que tout est fini.
Nous ne maîtrisons pas l’issue. Seul Hachem la maîtrise. Mais nous pouvons choisir de ne pas abandonner notre poste avant d’avoir accompli tout ce qui était entre nos mains.
Et parfois, c’est précisément cela, le bita’hon :
Continuer à agir dans l’obscurité, parce que nous savons qu’Hachem peut encore faire surgir la lumière.
Joie2vivre.org





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