Vous avez entendu parler de l’hitbodedoute. Peut-être que vous essayez depuis quelque temps. Peut-être que vous ne savez pas trop par où commencer. Peut-être que vous vous dites : « Je n’ai rien à dire », ou « Je me répète toujours les mêmes choses »…
Dans cet article, je vais vous répondre avec franchise — comme je le fais avec mes proches — en m’appuyant sur les enseignements du Rav Chalom Arouch et de Rabbi Nahman de Breslev.
La promesse de Rabbi Nahman : plus puissante qu’Ouman
Commençons par quelque chose d’essentiel, que peu de gens réalisent vraiment.
Rabbi Nahman de Breslev a garanti que celui qui fait une heure d’hitbodedoute par jour bénéficie d’une promesse encore plus puissante que celle d’Ouman. La promesse d’Ouman est déjà extraordinaire — elle nous sortira des affres de l’enfer, et ce dès ce monde-ci. Mais la promesse liée à l’hitbodedoute va encore plus loin :
Toute personne qui fera son heure d’hitbodedoute tous les jours ne verra pas la face de l’enfer.
Il y a une formule connue chez les Rabbanim Breslev : « Si tu aimes Rabbi Nahman, évite-lui de descendre en enfer te chercher. Fais ton heure d’hitbodedoute — il n’aura pas besoin de descendre aussi bas. »
Le Rav Chalom Arouch ajoute que le simple fait de faire son hitbodedoute annule tous les mauvais décrets et toutes les rigueurs (dinim) qui pèsent sur une personne. Il dit : « C’est tellement bête de garder sur soi des décrets alors qu’on peut les annuler simplement en allant voir Hachem. »
L’état d’esprit juste : un rendez-vous, pas une performance
La première erreur à éviter, c’est de s’imposer une obligation de résultat.
L’hitbodedoute, ce n’est pas faire 100 pompes ou 300 abdos. Ce n’est pas parler non-stop pendant 60 minutes. C’est aller à son rendez-vous avec Hachem.
Votre seul objectif : vous présenter. C’est tout.
Comme Kippour, comme Chabbat — vous faites de votre mieux, vous y allez, et vous laissez Hachem faire le reste.
Comment démarrer concrètement
1. L’itkachrout — la connexion
Avant de commencer votre heure d’hitbodedoute, prononcez la formule d’attachement aux tsadikim :
« Harini mekachère atsmi… » — « Me voici qui m’attache à tous les justes authentiques des générations passées, à ceux de cette génération, et en particulier à Rabbi Nahman de Breslev. »
Cette phrase se dit avant de démarrer — c’est elle qui ouvre le rendez-vous et vous connecte aux tsadikim. Vous pouvez y ajouter ceux qui vous sont chers : Baba Salé, Rabbi Haïm Pinto, ou tout autre juste auquel vous êtes attaché.
2. Les remerciements généraux
Le Rav Chalom Arouch conseille de commencer par quelques hakarat hatov généraux :
« Merci Hachem d’être en bonne santé. Merci d’avoir une famille, un toit, de la nourriture… »
Ce n’est pas long, ce n’est pas compliqué. C’est juste ouvrir le cœur.
3. Les demandes
Ensuite, vous parlez. De ce qui vous préoccupe, de ce que vous ressentez, de ce dont vous avez besoin. Librement.
Et si je n’ai rien à dire ?
C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse du Rav Chalom Arouch est magnifique :
« Même si pendant une heure tu n’arrives pas à parler — tu regardes ta montre. »
Il raconte lui-même qu’au début de sa techouva, il lui arrivait de s’asseoir sur un rocher en pleine nature… et de s’endormir. Mais au bout de l’heure, il levait les yeux au ciel et disait : « Merci Hachem de m’avoir permis de venir aujourd’hui. À demain. »
Rabbi Nathan de Breslev enseigne que les paroles que vous devez prononcer devant Hachem vous attendent à l’endroit où vous allez faire votre heure. Votre seul travail, c’est de vous y rendre.
Est-ce grave de se répéter ?
Non. Et voici pourquoi.
Rabbi Nahman enseigne que chaque mot prononcé devant Hachem construit un keli — un récipient — pour recevoir l’abondance divine. Hachem veut nous donner, mais il veut que nous ayons un récipient pour accueillir ce don.
Même si vous répétez 100 fois d’affilée « S’il te plaît Hachem, aide-moi… », chaque mot crée un nouvel ustensile. Hachem ne vous demande pas de la poésie. Il vous demande d’être sincère.
Le conseil de Rabbi Nahman est simple : parlez à Hachem comme vous parleriez à un bon ami. Avec respect, avec le cœur, sans calcul.
Où et quand faire son hitbodedoute ?
L’endroit : Il n’y a pas d’obligation. On le fait là où on peut — dans sa voiture, sur son balcon, dans son bureau. L’idéal : l’endroit le plus calme dans les conditions du moment. La seule condition essentielle : personne d’autre ne doit vous entendre. Si vous êtes entouré, parlez à voix très basse — ça s’appelle quand même faire hitbodedoute.
Anecdote célèbre : Rabbi Nathan de Breslev, quand il n’avait pas d’endroit, allait au Beit Midrach, ouvrait sa Guemara — les gens croyaient qu’il étudiait — et il faisait hitbodedoute.
Le moment : Choisissez le moment où vous serez le plus tranquille, et surtout — avant d’être épuisé. Si vous savez que passé une certaine heure vous n’aurez plus d’énergie, faites-le avant.
La règle d’or
Le Rav Chalom Arouch est catégorique. La première décision à prendre est ‘hok velo ya’avor — une règle à ne jamais transgresser :
Je ne passe pas une journée sans faire mon heure d’hitbodedoute.
Pas parce que c’est une contrainte. Mais parce qu’il n’y a pas de chose plus intelligente que d’aller annuler ses décrets en parlant à Hachem — et pas de chose plus dommage que de les garder sur soi par manque de temps.
Pour aller plus loin
Les ressources qui m’ont personnellement permis de pratiquer l’hitbodedoute chaque jour :
📖 À travers champs et forêts — Rav Chalom Arouch (disponible en livre papier, e-book et audio-book sur la boutique)
📖 Une heure bénéfique — Rav Chalom Arouch (disponible sur la boutique)
🎥 Hitbodedoute : Introduction Partie 1 — mon cours vidéo sur Joie2vivre.org
🎥 Hitbodedoute : mode d’emploi — prière personnelle — deuxième cours vidéo
Hazak, mit’hazek !
Rav Michael Liberato







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