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La Paracha à la lumière de Rabbi Nathan Vayé’hi

Des années de bonheur ?

Cette Paracha commence par les mots « Et Yaakov vécut dans le pays d’Égypte dix-sept années ».

D’après le Zohar, celles-ci furent essentiellement des années de joie et de sérénité

Voilà qui est étonnant pour un Tsadik forcé de quitter Erets Israël, sa terre, pour se retrouver, en Égypte, confronté à une immense touma (impureté). N’est-ce pas incompatible avec un état d’esprit aussi positif ?

Si l’on ose s’exprimer ainsi, c’est un peu comme d’imaginer Baba Sale se retrouvant soudain condamné à l’exil à Ibiza et le vivant comme les plus beaux moments de sa vie…

Le secret de la sérénité

En réalité, nous répond Rabbi Nathan, le vrai bonheur est celui que l’on décide de créer soi-même. Quand l’homme décide de se travailler pour vivre le mal et la souffrance comme quelque chose de bon, il va dévoiler la partie divine, le bien qui y est enfoui, et c’est alors seulement qu’il pourra atteindre une vraie joie, une véritable plénitude. 

Comment ? En surmontant son mauvais penchant ainsi que la nature humaine, qui est de prendre les choses comme elles sont au premier abord, pour les rendre bonnes quand elles paraissent mauvaises. 

C’est là le vrai travail, et la vraie Sim’ha. Car celui qui est capable de vivre le mal comme un bien, plus rien ne peut l’atteindre

Les contrastes d’un Tsadik

Yaakov est celui qui, même en Égypte, le symbole de la galout (l’exil) – visant à nous dissimuler Hachem, Ses bontés ainsi que la Vérité –, garde sa foi intacte au point d’y passer les plus belles années de sa vie. En effet, il a réalisé que le monde a été créé pour déceler Hachem dans la nature, trouver le bien dans le mal et rester droit et saint même au plus fort de la touma, cette impureté dans laquelle tout le monde se fourvoie et se débauche. Et c’est ce qui explique le bonheur profond du Tsadik. 

Pourtant, Yaakov Avinou n’était pas un homme joyeux et positif de nature – et le récit biblique nous retrace une existence jalonnée d’épreuves.

Un contexte difficile

Chez ses parents, son frère Essav le persécute, au point qu’il doit s’enfuir. Même dans le désert, il continue à le pourchasser et pour avoir la vie sauve, Yaakov doit se déposséder de tous ses biens. 

Arrivé chez Lavan, il est forcé de travailler comme un esclave et escroqué en travaillant des années pour épouser l’élue de son cœur, finalement remplacée à son insu par sa sœur.

Une fois qu’il épouse Ra’hel et espère pouvoir enfin rejoindre sa terre avec sa famille et ses biens, sa femme Ra’hel tant aimée décède en couches…

Puis son fils préféré disparaît pendant des années, le laissant inconsolable, et en conséquence, la Chékhina (Présence divine) le quitte.

Et quand enfin il le retrouve, il ne peut pas rentrer chez lui, où il est le maître, et se retrouve sous la domination de Pharaon. Dans cette terre impure, il entrevoit l’exil et la servitude du peuple juif, qui risque inexorablement de s’enliser dans les moeurs égyptiennes dévoyées, allant à l’encontre de cette volonté divine pour laquelle il s’est battu toute sa vie.

Yaakov ou le dépassement de soi

Yaakov n’est pas un homme joyeux et léger de nature, à tel point que quand il arrive devant Pharaon, il lui dit clairement : « Il a été court et malheureux le temps des années de ma vie… » Pour cette plainte, Hachem va d’ailleurs lui retirer trente-trois années de vie. 

Certes, Yaakov n’est pas un homme à la vie et au sourire faciles, mais durant ce dernier chapitre de son existence, il comprit quel travail on attendait de lui, au point qu’il en fit le plus beau passage de sa vie.

Parmi tous les Tsadikim, c’est lui qu’Hachem choisit pour lui donner le nom d’Israël, car il a toutes les qualités, il est complet.

Un travail à notre portée

Or, nous sommes tous une partie de lui, en tant que « Béné Israël » (littéralement « les enfants d’Israël »), et par son travail, c’est pour nous qu’œuvra le Tsadik, nous permettant à notre tour de transformer le mal en bien.

Chacun d’entre nous en a la capacité et si Yaakov l’a fait, nous le pouvons tous. 

« Quand mes actions seront-elles à la hauteur de celles de mes pères ? » est d’ailleurs la question que nous devons toujours garder à l’esprit.

Suivons donc l’exemple de Rabbi Nathan, qui, pourchassé par les opposants à la ‘Hassidout, s’arma de sa foi inébranlable, grâce à la Torah, à la prière et aux enseignements de Son maître Rabbi Na’hman, et alla jusqu’au bout de ses objectifs – partager cette sagesse et vivre dans la joie en toute situation. 

Chacun peut arriver au véritable bonheur, contre vents et marées, s’il le décide et place Hachem au centre de sa vie. L’ensemble de ce monde magnifique a été créé dans ce but, pour que chacun se dépasse, devienne meilleur que ce qu’il aurait pu être, fasse jaillir l’étincelle divine qui est en lui. Cette étincelle qui fait que tout est possible et que le bien est bien plus fort que le mal, si l’on décide de s’y accrocher coûte que coûte.

(inspiré du Likouté Halakhot de Rabbi Nathan)

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