Les dettes, en dehors du harcèlement pénible et du joug insupportable qu’elles représentent en tant que telles, entraînent à l’homme de terribles dommages. Ce ne sont pas seulement de durs dommages matériels, mais aussi des dommages spirituels terribles, par lesquels l’homme peut voir tout son monde basculer, D. préserve ! C’est pourquoi nous allons exposer ici une partie de ces dommages, afin que chacun s’éveille et s’éloigne des dettes comme du feu. Et celui qui s’y trouve déjà embourbé, comprendra à quel point sa position de débiteur le prive de tout le bien en ce monde et dans le monde futur, et à partir de ce constat, il s’empressera d’étudier le présent livre en profondeur, et d’en mettre en pratique tout le contenu. Il sera alors certain d’être sauvé de sa difficile condition, par toutes les délivrances, et de vivre une vie juste.
Il est appelé impie
Le roi David dit : « L’impie emprunte et ne rembourse pas… » (Psaumes 37). Ce verset n’est pas compréhensible à première vue. S’il était écrit : « Qui emprunte et ne rembourse pas est un impie », on aurait compris, puisque si un homme n’a pas remboursé son prêt, il est appelé impie, tandis que dans notre verset cet homme est d’abord considéré comme un impie dès qu’il emprunte. Pourquoi le roi David le considère-t-il d’ores et déjà comme un impie, à peine a-t-il souscrit à son prêt ? Il faut en fait savoir : lorsqu’un homme emprunte de l’argent, et qu’il se trouve dans une situation où il pourra rembourser son prêt par la suite, il n’est pas considéré dans ce cas comme un emprunteur impie. Cet homme se conduit en conformité avec la Providence telle qu’elle s’applique à lui individuellement, le Saint béni soit-Il veillant sur lui, et il agit selon la manière à laquelle Il dirige ses pas.
Cependant, si au moment de solliciter un prêt, il ne sait pas comment il s’y prendra pour le rembourser, cet homme est considéré comme un impie dès l’instant où il aura obtenu ce prêt.
Bien entendu, lorsqu’un homme est appelé impie, c’est là que se trouve la cause de tous ses ennuis, car lorsqu’il est jugé en-haut, il est jugé en tant qu’impie.
Rabbi Yéhouda soutient dans le deuxième chapitre des Maximes des Pères : « Considère l’avantage produit par une faute au regard de sa perte ». Par conséquent, tout homme, avant de contracter une dette, même si c’est pour quelque chose d’indispensable, doit considérer la chose suivante : est-ce que cette démarche est valable pour lui, vaut-il la peine de se faire appeler impie pour cette raison ?
Il vaut mieux qu’un homme renonce à tout, pourvu qu’il ne soit pas considéré comme un impie aux yeux de D., béni soit-Il. Mais si en tout état de cause un objet est absolument indispensable, cet homme patientera et entreprendra toutes les démarches adéquates matériellement et spirituellement, jusqu’à ce qu’il puisse se le permettre sans contracter de dette.
Car il est préférable de souffrir de tout manque, pourvu que l’on ne soit pas appelé impie même un instant, comme le disait Rabbi Akaviya Ben Mahalalel : « Mieux vaut être considéré comme un idiot toute sa vie, que de se rendre un seul instant impie devant D. » (Talmud, Traité Edouyote 5).
Il perd sa connaissance de D.
Le Midrash Raba rapporte (Section Vayéra), que lorsqu’Abraham notre patriarche partit ligoter son fils Isaac, et qu’il vit la Présence divine résider au-dessus du mont Moria, il demanda aux jeunes qui l’accompagnaient, Eliézer et Ishmaël : « Voyez-vous ce que je vois ? » Ils lui dirent : « Non ». Il reprit : « Puisqu’un âne ne peut voir, et puisque vous ne voyez pas, installez-vous ici avec l’âne. » De ce verset, nous apprenons que les esclaves sont semblables à des bêtes, comme il est dit : « Installez-vous ici avec / ‘im l’âne » (Genèse 22) – peuple / ‘am de l’âne.
Ce Midrash est la source de ce qui est rapporté dans le Séfeir Hamidote (Livre des Qualités, partie 2, article Monnaie, 19) : « Qui est contraint d’emprunter chez les autres ressemble à une bête », car qui est endetté est appelé esclave, comme il est écrit : « Esclave se retrouve l’emprunteur auprès de l’homme prêteur » (Proverbes 22). Et puisque les esclaves ressemblent aux bêtes – comme précité dans le Midrash – il en ressort que l’emprunteur ressemble à une bête.
La différence entre l’homme et l’animal consiste dans la connaissance de D. L’homme sait qu’il y a un Maître du monde, un Créateur de toute créature, que tout tient en Sa main, qu’Il dirige le monde, et qu’Il exerce son contrôle sur tous ceux qui s’y trouvent. Cela s’appelle la connaissance : avoir conscience de D. En revanche, la bête l’ignore.
Donc nécessairement, un homme qui ignore que D. est le dirigeant suprême, qu’Il exerce sa Providence en particulier sur chacune des pièces que celui-là a en poche, que D. décide de combien d’argent il disposera, et qu’aucun conseil ne sera pour lui d’aucun secours pour gagner plus que ce que D. a décidé pour lui, en dehors du repentir et de la prière – sachant que la seule chose qu’il puisse faire consisterait à augmenter ses dettes, car seul le Saint béni soit-Il fixe combien il aura d’argent – un homme qui ignore tout cela est donc semblable à une bête. Et c’est ce que signifie le langage de notre maître :
« Le principal de l’homme consiste dans la connaissance de D. Et celui qui en est privé, est en marge de la société, il n’est absolument pas considéré comme un être humain, il n’est que du niveau d’une bête à l’apparence humaine » (Likouté Moharane, partie 2, 7).
Nous avons donc appris ici que l’homme qui emprunte chez les autres se ravale au rang de la bête, c’est pourquoi les débiteurs sont embrouillés et manquent de prise de conscience.
Que chacun réfléchisse le plus sérieusement possible : existerait-il en ce monde quelque plaisir que ce soit qui vaille que l’on soit ravalé au rang de la bête ?
Il perd la confiance en D.
Le principal outil qui permette de recevoir sa parnassa consiste dans la confiance en D., béni soit-Il. Dès qu’un individu devient débiteur, il s’emplit de soucis, ne sachant ni quand ni comment rembourser ses dettes, et les craintes brisent en lui le sentiment de confiance en D. Et chaque inquiétude qu’il vivra sera pour lui comme s’il prenait un marteau et s’en servait pour briser ce récipient qu’est la confiance en D., qui est le principal instrument à même de contenir la subsistance. Et lorsque cet outil se brise, il n’a plus de moyen de réceptionner l’abondance que D. cherche à lui prodiguer, et il devient en tout état de cause très difficile pour lui de gagner sa vie…
L’homme se doit de réfléchir à quel point il lui faut éviter d’emprunter de l’argent afin de ne pas perdre cette vertu qu’est la confiance en D., celle-ci étant le principal récipient à même de réceptionner sa parnassa.
Il perd la réussite
Celui qui se lance dans des affaires qui sont au-dessus de ses moyens, et qui multiplie les emprunts pour réussir de façon grandiose, tout en comptant sur D., béni soit-Il, pour l’aider à couronner ses affaires de succès et à rembourser ses dettes, s’appuie sur une confiance mensongère. Bien au contraire, la véritable confiance consiste à être doté d’une assurance sans failles, selon laquelle même à partir d’une petite affaire gérée sans dettes, le Créateur lui accordera l’abondance et la réussite. Est-ce que la taille de l’affaire sera ce qui déterminera le montant de ce qu’il gagnera ? N’est-ce pas de D., béni soit-Il, qu’il recevra ses gains puisque c’est Lui qui les fixe ?
Les gens ouvrent des affaires en s’endettant conséquemment, sous prétexte qu’ils sont assurés que D., béni soit-Il, leur accordera la réussite et leur permettra de rembourser leurs dettes.
Une telle confiance s’appelle « la confiance qu’on a dans un traître », c’est une confiance falsifiée, car l’homme se conduit comme s’il était le patron du Saint béni soit-Il. Il agit comme si c’était à lui d’ordonner à partir de quelle affaire Il lui attribuera sa parnassa. Pareillement, il se conduit comme s’il était le propriétaire de la caisse du Saint béni soit-Il. C’est lui qui décide de son propre chef : « Je solliciterai un emprunt, et D., béni soit-Il, me donnera l’argent pour le rembourser. »
Que s’imagine-t-il donc ? Qu’il manquerait sur l’heure de l’argent dans la caisse du Maître du Monde, c’est pourquoi il lui rendrait service en empruntant de l’argent jusqu’à ce que la caisse se renfloue, et alors le Saint béni soit-Il le lui rendra ? S’il a réellement confiance en D. comme il le prétend, qu’il se figure alors que la caisse du Créateur est pleine, et que le Créateur est déjà en mesure de l’inonder de richesse dès l’instant présent. Or, si D., béni soit-Il, ne l’a pas couvert d’or tout de suite, c’est qu’Il lui montre que telle est Sa volonté, que cet homme se lance dans les affaires selon ses propres capacités. S’il en est ainsi, sur quoi se base-t-il pour souscrire des emprunts de fortes sommes au-dessus de ses propres moyens de rembourser ? D’où sait-il que le Maître du Monde voudra lui accorder dans le futur des entrées d’argent plus importantes que celles qu’Il lui accorde à ce jour ?
Il n’y a aucune logique dans cette confiance mensongère pour qu’un individu emprunte de l’argent, et se mette à compter sur le fait que le Saint béni soit-Il élargira ses entrées, de sorte qu’il puisse couvrir ses dettes. Aurait-il donc pris connaissance du montant qui lui a été accordé à Rosh Hashana ? Ou alors son seul objectif serait-il de brasser beaucoup d’argent sans rien gagner, voire en perdre ? L’essentiel pour un tel individu ne consisterait-il que dans son imagination, son impression de voir passer des millions entre ses doigts, même si pour finir il ne lui en restera rien ? En outre, il restera en déficit, puisque brasser beaucoup d’argent coûte cher.
Emprunter pour faire des affaires, c’est la confiance des forces du mal, qui est le contraire de la Torah et de la confiance en D., béni soit-Il. C’est ce que l’on appelle « la confiance qu’on a dans un traître ». En général, de telles affaires s’écroulent, et leurs propriétaires passent d’hommes d’affaires « bien en vue » à des débris pourchassés et suppliciés…
Cette erreur débute lorsqu’un homme réussit dans une certaine affaire qu’il a entreprise, et dont il était assuré de vivre dans le bonheur et dans l’aisance. Alors l’orgueil lui suggère qu’il est brillant, et il oublie que l’unique raison de son succès consiste dans la volonté du Saint béni soit-Il qui a suscité cette réussite, de sorte qu’il ait des gains confortables à partir de telle affaire, même si c’est une petite affaire.
Comme il oublie cette considération, il se laisse envahir par la pensée que son succès dépend de ses efforts, et de ce fait il parvient à la conclusion que s’il se dépense davantage, en sollicitant d’importants emprunts afin de pouvoir investir dans une affaire plus grande, ou en ajoutant des succursales, ou en ouvrant des chaînes et ainsi de suite, il verra décupler ses gains. Bien évidemment, il s’agit d’un terrible malentendu. En effet, le Saint béni soit-Il n’a pas augmenté son budget, et tous les efforts qu’il entreprendra ne changeront rien à ce qui a été décrété en-haut le concernant. Et il verra bien qu’après tous ces engrenages, il n’aura pas gagné plus qu’auparavant, et que, au contraire, dans bien des cas ces emprunts et ces affaires supplémentaires ne lui auront apporté que pertes et ruine.
Que chacun fasse le calcul suivant : est-ce que pour l’illusion de brasser des millions, cela vaut la peine de risquer son succès qui a commencé à lui sourire pour devenir un homme dans la tourmente et pourchassé ?
Il perd la paix de son ménage
Le Séfeir Hamidote rapporte : « La querelle ne s’introduit dans le foyer que lorsque la récolte est épuisée ». Lorsque l’individu croule sous les dettes, il est inévitable que des tensions et querelles s’immiscent dans son foyer. Car même celui qui n’est naturellement pas avare, lorsqu’il se retrouve en situation de pression en raison de l’argent qu’il doit à des tiers, se dispute alors pour de l’argent, critique chaque dépense, ce qui rétracte la lumière de l’âme de son épouse.
Toute épouse a en effet besoin de l’abondance qui est une véritable exigence de son âme, mais si son époux allume des signaux de détresse et montre des problèmes d’argent, elle se sent enfermée et bloquée. Toute la sérénité de son âme est perturbée, la tristesse et la sensation d’impuissance s’installent dans la maison. Si les dettes deviennent importantes au point que toute la paye s’en trouve absorbée, qu’il n’y a plus de quoi rembourser les échéances du prêt pour la maison, le loyer, la nourriture, alors toute la paix du foyer est déstabilisée, ce qui en soi porte atteinte aux gains potentiels. C’est l’effet boule de neige, chaque chose en entraînant une autre. Quand il n’y a pas de paix dans le foyer, il n’y a alors pas de bénédiction pour gagner de l’argent. Et quand il n’y a pas de bénédiction propice aux gains, les dettes augmentent ; et quand elles augmentent, la paix du foyer en prend un coup encore plus grand. C’est un cercle vicieux, que D. ait pitié !
Il existe une grande différence entre vivre dans la pauvreté – sans dettes – et vivre dans l’opulence – endetté. Un homme qui vit pauvrement, mais qui ne doit d’argent à personne, pourra, malgré les difficultés, vivre avec l’esprit tranquille :
« Grâce à D. ! Je ne dois d’argent à personne ! » Et comme l’a dit le roi Salomon : « Mieux vaut du pain sec, mangé en paix, qu’une maison pleine de festins, accompagnés de disputes » (Proverbes 17).
Un tel homme ne s’effraie pas si l’on vient frapper à sa porte, s’il entend le téléphone sonner, et il ne craint pas de sortir dans la rue et de rencontrer un de ses créanciers.
Il ne fait souffrir personne, il n’y a donc aucune rigueur céleste à son égard concernant ce sujet, en bref, lui et les membres de sa famille peuvent suivre un rythme de vie dans la sérénité et le bonheur malgré les manques.
En revanche, la vie du riche imaginaire, l’endetté, dont toute l’opulence est sur le compte des autres, déborde de souffrances en dépit de son confort.… Et puisque les souffrances des endettés sont nombreuses et variées, D. préserve, nous ne les avons par conséquent pas citées dans le détail. Chacun sait précisément de quoi sont faites ses propres souffrances, il est donc inutile de les rapporter en détail.
C’est pourquoi, l’homme et son épouse feront le juste calcul : est-il réellement valable pour eux de prendre un prêt et de s’engager dans des dettes pour quoi que ce soit dans ce monde, et de perdre de la sorte la paix de leur ménage et la sérénité de leur âme ?
C’est à l’époux qu’incombe la responsabilité, vu qu’il s’est engagé à subvenir aux besoins de son épouse. C’est pourquoi il se ceindra les reins, il multipliera ses prières, et il s’attèlera à tout effort à même d’asseoir le confort de sa famille.
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