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Une soirée à Ouman

Il est 20h30 au tombeau de Rabi Nachman de Breslev dans la ville de Ouman en Ukraine. Un îlot de lumière dans une grande obscurité. C’est le 4ème jour de Hanoukka, je suis à l’affût de miracles, d’histoires, de connexion avec mes sœurs et avec le Maître du monde. Le tombeau de ce juste m’inspire, m’élève. On se sent tout simplement bien, un havre de paix, une paix intérieure, une sérénité inégalable. Rabbi Nachman : Un ami, un confident, un guide, un grand frère bienveillant qui connait tous les troubles et secrets de mon cœur. Il est présent, et me tape sur l’épaule pour me dire : « Princesse, finalement tu n’es pas si mal que ça tu sais ? ». C’est bas les masques. Plus de jeu de la petite feujette française habillée dernier cri, ici c’est des rencontres d’âme, on s’aime toutes même si on a rien en commun. Les rencontres ne sont jamais anodines, on se parle entre copines, comme dit le Rebbe “Sihot Haverot” : on échange chacune son point de lumière.
Soudain, je me trouve a parler avec des femmes israéliennes tendance baba cool , pas mon genre en général, pas trop à l’aise ni avec l’hébreu, ni avec le baba-cool. Mais là ça passe, tout passe. On rigole, on se confie comme des amies d’antan sans aucun tabou.
Puis de la musique techno commence à se faire de plus en plus forte, une femme Haredit (orthodoxe) me tend la main pour rejoindre une ronde de tous styles de femmes. On danse pour « radoucir les mauvais décrets » nous enseigne Rabbi Nachman. Toutes différentes on se tient par la main unies par notre volonté de danser pour la Geoula en douceur. Je me sens plus légère, comme si le fait de bouger mon corps me dégage de ce poids bien lourd qui date du 7 Octobre. J’ai pleuré, oui j’ai pleuré. J’ai pas demandé pourquoi, ni comment. J’ai dit au Rebbe : Merci Hachem que je vais bien, mais une partie de moi ne va pas bien. Mes frères et mes sœurs qui souffrent, qui pleurent, qui attendent, qui se battent, qui sont dans le noir, ces enfants, ces malades, ma terre est en guerre.
Encore remuée, ma fille vient me dire que derrière moi se trouve la maman du jeune Isaac qui est mort en Kidouch Hachem à la Rave Party du 7 Octobre. Je n’en crois pas mes oreilles. J’avais reçu sur un groupe WhatsApp un enregistrement de ce jeune homme et il m’avait bouleversée par sa recherche d’un lien plus fort, plus vrai avec Hachem. Le petit train train d’un Haredi confortable ne lui suffisait pas. Il lui fallait bien plus que ça : de ressentir l’intensité de chaque Mitsva comme quelque chose de grandiose et de transcendant. Je me présente à elle. Je ne sais quoi dire. Je n’ai d’ailleurs rien à lui dire à part de l’enlacer dans mes bras, de lui donner de la force, de l’amour et je lui dis : tu n’es pas toute seule.
On a parlé de son fils, de nos familles respectives, avec toujours en fond sonore la musique Breslev techno. On pleure, on rit, on comprend plus rien. C’est un nouveau monde. Nous sommes de nouvelles créatures.
Il se fait déjà tard, il est 22h30, la musique s’arrête, c’est bientôt le couvre feu. Oui c’est vrai, ici aussi c’est la guerre j’avais oublié. Merci Hachem, j’ai passé une superbe soirèe à prier, à rire et à pleurer, à échanger, à ne voir que le bon chez l’autre( comme nous l’enseigne Rabbi Nachman dans la Torah 282 du Likoutei Moharan). Finalement c’est bon d’être simple, c’est bon d’aimer, c’est bon de croire, c’est bon la paix.

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